En 1944 j'avais 10
ans. Après la guerre, dès que l'industrie du livre a repris
ses activités, les auteurs de bandes dessinées, ont permis
aux enfants de ma génération, de lire et de rêver, sur les
exploits de héros imaginaires au service de la justice.
Tous les enfants attendaient le jour de
la sortie de leur BD préférée, en général le jeudi.
A la sortie de l'école communale, avec les camarades nous
allions sur un terrain vague qui se trouvait entre l'église
St Calixte et l'avenue du Maréchal Foch, aujourd'hui le stade Vallier à Marseille dans le 4ème arrondissement.
Là, chacun de nous, pour un moment dans les jeux, prenait
l'allure de son héros favori, Tarzan contre Fantax, Robin
des bois contre Big bill le Casseur etc.. Mais les " combats
" restaient dans l'imaginaire de ce que nous lisions sur nos
BD, le méchant était puni et le justicier était toujours
gagnant, après mille exploits et péripéties.
Aujourd'hui quand je
feuillette délicatement les pages de ces périodiques
fragiles... C'est la nostalgie de l'enfance que je revis un
instant.
Ce que j'admire sur ces revues, ce sont les magnifiques
dessins, tantôt naïfs, tantôt réalistes ou imaginaires.Quand aux bandes
dessinées de mon Père, je peux me rendre compte de l'ampleur
de cette terrible guerre de 14 / 18. Que les journalistes et
dessinateurs ont racontés, en s'efforçant de traduire la
réalité des combats et des situations sur le terrain.